Version anglaise - Legalize them
La Commission pour le règlement de l’établissement des Bédouins dans le Néguev, dirigée par l’ancien juge à la Cour suprême et ancien contrôleur de l’Etat, Eliezer Goldberg, a présenté ses recommandations, la semaine dernière, faisant une ouverture pour régler une des questions les plus sensibles au sein de la société israélienne.
La Commission recommande de légaliser les villages du Néguev non reconnus et de transférer ceux qu’il n’est pas possible de légaliser vers des lieux convenus de commun accord. Elle recommande également de légaliser des milliers de constructions illégales et de proposer aux Bédouins un arrangement sur la propriété terrienne incluant des compensations, pour partie en terres et pour partie en argent.
« Les Bédouins du Néguev ne sont pas en séjour illégal », a dit le juge Goldberg lors de la présentation du rapport, « ils ne sont pas transparents ni sans droits ». Cela a l’air d’aller de soi. En fait, la réalité israélienne montre que c’est comme ça que les citoyens bédouins d’Israël sont bien souvent perçus, au moins par les institutions officielles.
Les Bédouins sont dispersés dans 46 villages non reconnus qui abritent environ 62.500 personnes. De nombreuses familles, comptant des dizaines de milliers d’enfants, vivent sans le minimum d’infrastructures – eau, électricité, égouts, santé, routes. Il faut dès lors saluer la décision de la Commission de légaliser ces villages et aussi d’œuvrer vigoureusement à un changement de leur situation.
Mais cela ne suffit pas. Ce n’est pas un hasard si, dans le Néguev, on compte 50.000 constructions érigées illégalement, auxquelles s’en ajoutent de 1.500 à 2.000 chaque année. Cette construction illégale, et parfois anarchique, découle de ce qu’une proportion importante de la population bédouine ne peut pas obtenir de permis de bâtir. Pour répondre au problème, la Commission a proposé d’instaurer une nouvelle commission de planification qui devrait légaliser rapidement une grande partie des constructions illégales à l’intérieur des localités bédouines reconnues et de celles qui le seront.
Les recommandations de la Commission se sont heurtées, comme on pouvait s’y attendre, à une opposition politique. Le président du parti « Israël Beiténou », Avigdor Lieberman, s’est empressé d’appeler le gouvernement à rejeter le rapport, et le président du parti d’Unité Nationale, le député Ouri Ariel, a déclaré que cela couperait le Néguev du reste du pays.
De nombreux Bédouins ont également été déçus par le rapport, essentiellement en raison de l’accord sur la propriété terrienne qui n’établit dans la loi que les terres dont il est fait un usage agricole, et non les pâturages. Les Bédouins ont introduit, contre l’Etat, 3.220 requêtes portant sur des terres situées dans le nord du Néguev et seules 380 ont à ce jour été réglées. Si bien que la crainte surgit à l’idée que l’arrangement proposé par la Commission ne fasse échouer une résolution du différend qui oppose l’Etat aux Bédouins à propos des terres, et qu’il se peut que l’Etat doive trouver un arrangement plus généreux.
Les 12 rapports des commissions qui ont précédé la commission actuelle ont été oubliés dans les tiroirs. Il n’est pas acceptable que tel soit le sort de ce rapport-ci. Les services de sécurité ont averti du risque d’un soulèvement bédouin, mais le problème bédouin (sic) doit être résolu non pas seulement par crainte de violences mais parce qu’on ne peut continuer de tolérer une situation dans laquelle des dizaines de milliers de personnes vivent en Israël dans des conditions scandaleuses et sans statut. C’est pourquoi le futur chef du gouvernement devra veiller à nommer aux postes de Ministre de l’Intérieur et de Ministre à la construction et au logement des personnes qui s’emploieront d’une manière décidée à mettre en œuvre les recommandations de la Commission.
(Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)
La Commission recommande de légaliser les villages du Néguev non reconnus et de transférer ceux qu’il n’est pas possible de légaliser vers des lieux convenus de commun accord. Elle recommande également de légaliser des milliers de constructions illégales et de proposer aux Bédouins un arrangement sur la propriété terrienne incluant des compensations, pour partie en terres et pour partie en argent.
« Les Bédouins du Néguev ne sont pas en séjour illégal », a dit le juge Goldberg lors de la présentation du rapport, « ils ne sont pas transparents ni sans droits ». Cela a l’air d’aller de soi. En fait, la réalité israélienne montre que c’est comme ça que les citoyens bédouins d’Israël sont bien souvent perçus, au moins par les institutions officielles.
Les Bédouins sont dispersés dans 46 villages non reconnus qui abritent environ 62.500 personnes. De nombreuses familles, comptant des dizaines de milliers d’enfants, vivent sans le minimum d’infrastructures – eau, électricité, égouts, santé, routes. Il faut dès lors saluer la décision de la Commission de légaliser ces villages et aussi d’œuvrer vigoureusement à un changement de leur situation.
Mais cela ne suffit pas. Ce n’est pas un hasard si, dans le Néguev, on compte 50.000 constructions érigées illégalement, auxquelles s’en ajoutent de 1.500 à 2.000 chaque année. Cette construction illégale, et parfois anarchique, découle de ce qu’une proportion importante de la population bédouine ne peut pas obtenir de permis de bâtir. Pour répondre au problème, la Commission a proposé d’instaurer une nouvelle commission de planification qui devrait légaliser rapidement une grande partie des constructions illégales à l’intérieur des localités bédouines reconnues et de celles qui le seront.
Les recommandations de la Commission se sont heurtées, comme on pouvait s’y attendre, à une opposition politique. Le président du parti « Israël Beiténou », Avigdor Lieberman, s’est empressé d’appeler le gouvernement à rejeter le rapport, et le président du parti d’Unité Nationale, le député Ouri Ariel, a déclaré que cela couperait le Néguev du reste du pays.
De nombreux Bédouins ont également été déçus par le rapport, essentiellement en raison de l’accord sur la propriété terrienne qui n’établit dans la loi que les terres dont il est fait un usage agricole, et non les pâturages. Les Bédouins ont introduit, contre l’Etat, 3.220 requêtes portant sur des terres situées dans le nord du Néguev et seules 380 ont à ce jour été réglées. Si bien que la crainte surgit à l’idée que l’arrangement proposé par la Commission ne fasse échouer une résolution du différend qui oppose l’Etat aux Bédouins à propos des terres, et qu’il se peut que l’Etat doive trouver un arrangement plus généreux.
Les 12 rapports des commissions qui ont précédé la commission actuelle ont été oubliés dans les tiroirs. Il n’est pas acceptable que tel soit le sort de ce rapport-ci. Les services de sécurité ont averti du risque d’un soulèvement bédouin, mais le problème bédouin (sic) doit être résolu non pas seulement par crainte de violences mais parce qu’on ne peut continuer de tolérer une situation dans laquelle des dizaines de milliers de personnes vivent en Israël dans des conditions scandaleuses et sans statut. C’est pourquoi le futur chef du gouvernement devra veiller à nommer aux postes de Ministre de l’Intérieur et de Ministre à la construction et au logement des personnes qui s’emploieront d’une manière décidée à mettre en œuvre les recommandations de la Commission.
(Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)