mardi 27 janvier 2009

Tibi et Zahalka, ne faites pas appel à la Cour suprême

Sharon Weil - Haokets, 18 janvier 2009

Au moment d’annoncer que le Comité électoral central interdisait la participation des partis [arabes] Balad et Ra’am-Ta’al aux élections législatives [israéliennes] toutes proches, avec l’appui du parti Kadima et de plusieurs députés du parti Travailliste qui ont voté pour qu’on réduise au silence plus de 160.000 citoyens israéliens, les journalistes se sont empressés de déclarer que cette décision ne résisterait évidemment pas à l’examen par la Cour suprême.

La haute cour de justice, comme toute autre cour constitutionnelle ailleurs dans le monde, a pour objectif la défense des valeurs communes de la société, l’accord constitutionnel sur lequel se fonde l’Etat. Dans le cas d’Israël, il s’agit de la définition de l’Etat comme Etat juif et démocratique.

La Cour suprême a effectivement pris un certain nombre de décisions de justice par lesquelles elle faisait pencher la balance en faveur de la démocratie mais toujours dans le cadre et dans la préservation de la définition de l’Etat comme Etat juif. Grâce à ces décisions de justice, qui sont une insulte au pauvre comme l’ont indiqué toutes les organisations des droits de l’homme, la Cour suprême donne à Israël une physionomie démocratique aux yeux de la population israélienne et mondiale, et habille le véritable caractère de l’Etat d’Israël qui est de plus en plus l’état-nation juif raciste et de moins en moins un Etat démocratique égalitaire.

Afin de concrétiser la vision à laquelle sont associés les deux partis interdits de participation aux élections, la vision d’un Etat démocratique dans lequel l’ensemble des citoyens partage les droits et les ressources d’une manière égale, il faut cesser d’éteindre les incendies avec l’aide de la Cour suprême. Il faut amener la population, en Israël, à faire un vrai choix moral entre racisme et démocratie et non comme il a été fait jusqu’à présent : l’acceptation d’un compromis basé sur un tour de passe-passe au terme duquel un Etat juif et démocratique, avec la Cour suprême pour porte-bannière est un oxymore viable.

Il faut clarifier les règles du jeu politique et adopter une position idéologique claire : l’Etat d’Israël peut être soit un Etat juif (nationaliste) soit un Etat démocratique (égalitaire), mais pas les deux. Et en attendant, il faudrait cesser de faire appel à la Cour suprême.

(Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)